L’action
se déroule en Russie de 1598 à 1605 au moment où Boris accède au trône
après une élection truquée et la disparition mystérieuse de Dimitri
second fils d’Yvan le Terrible. Les intrigues d’un autre prétendant, le
« faux Dimitri », marquent le développement de l’action.
Le peuple, pour la première fois dans l’opéra, joue un rôle capital dans le drame.
Témoin des événements qui décident de son destin, ignorant, versatile, superstitieux, il acclame tantôt Boris,
tantôt l’usurpateur, mais malgré tout le peuple fait et défait les
tsars « ses maîtres » tandis que « les puissants de ce monde » comptent
perpétuellement avec l’opinion de leurs esclaves.
C’est l’ironie d’un tel destin qui marque le thème central et l’originalité de l’opéra « Boris Godounov ».
C’est ce peuple que représente le chœur, un peuple tour à tour
suppliant, émouvant, ironique mais actif dans les mélodies lyriques,
ingénues ou poignantes, populaires ou liturgiques, nées de la «
transposition musicale » de la langue parlée.
L’opéra se termine sur la plainte de « L’innocent », personnage
incarnant l’âme russe qui pleure sur les souffrances présentes et à
venir du peuple.
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L’art lyrique, un genre destiné aux gourmets, est inscrit depuis quatre siècles dans la vie culturelle de l’Europe.
Le chœur d’opéra n’a au début qu’une fonction de chœur antique mais
devient bientôt illustratif, puis intervient de plus en plus dans le
déroulement de l’histoire commentant ou résumant l’action et donne,
avec les chœurs de musique sacrée, les plus belles pages écrites pour
le chant choral.
Pourquoi ce choix ?
Le Chœur Penn ar Bed, après avoir chanté en concert à huit reprises les Vêpres de Rachmaninov
est tout à fait familiarisé avec la langue russe et aborde l’Opéra
Russe de Boris Godounov de Moussorgsky avec enthousiasme. Une autre
raison et non la moindre, est que l’histoire de cet opéra est à peu
près unique puisque le personnage le plus important, avec Boris
lui-même, est le Peuple Russe représenté par le Chœur.
La partition de Moussorgsky
veut créer un Art Russe, libre des influences occidentales et nourri
par tout ce qui constitue la Russie, s’inspirant du chant populaire et
d’un art tant primitif que terrien, liturgique et mystique.
A l’inverse la seconde partie est basée sur les traditions vocales du théâtre lyrique italien ; Verdi et Puccini trônent sans contestation possible sur les sommets de l’histoire de l’opéra (avec Mozart, Strauss et Wagner). Nous ajoutons Rossini
pour compléter ce bouquet de chœurs d’opéras italiens, dont certains
sont très connus, d’autres sont des raretés peu interprétées comme
Guillaume Tell, Moïse de Rossini ou I Due Foscari de Verdi.
La Forme
Tous les chœurs de Boris Godounov seront liés par une trame littéraire dite par des intervenants, écrite par Henri GuÉguen, écrivain, textes issus à la fois du livret de l’Opéra et du texte initial de Pouchkine.
C’est donc un véritable opéra de chambre qui est ainsi écrit et chanté,
les grandes lignes de l’opéra étant rendues compréhensibles par les
textes.
La première partie, Boris Godounov, est la partie « sérieuse », dense
de ce spectacle, la seconde une fresque italienne tendre et tragique ou
joyeuse et dansante.
Ce concert sera interprété par 70 choristes du Chœur Penn ar Bed et l’Ensemble Instrumental d’Armor (11 musiciens – cuivres – bois – pianiste et percussionniste) dans une partie orchestrale réécrite par Henri Lesvenan, compositeur, sous la direction de Jean Golgevit. |
L’ENSEMBLE INSTRUMENTAL D’ARMOR
Grâce à la souplesse de sa structure, et la variété des
instrumentistes, l’Ensemble Instrumental d’Armor rassemble des
musiciens professionnels de tout l’Ouest et permet de répondre à de
nombreuses sollicitations de productions diversifiées.
Pour interpréter ces chœurs d’opéras, il réunit une pianiste, un
percussionniste, un quintette de cuivres et un quintette à vent.
Jean GOLGEVIT
Violoniste, compositeur, formateur de chefs de chœur, chef de chœur
lui-même, il a, à ce titre, dirigé de nombreuses œuvres, notamment la Cantate du Bout du Monde de Jef le Penven et Pierre-Jakez Hélias, l’Oratorio para el pueblo d’Angel Parra, la Misa Criolla d’Angel Ramirez, la Cantate du 9 Octobre de Raoul Maldonado, Vamos à vivir de Guy Fourcaud, le Canto General de Mikis Théodorakis et Pablo Néruda, et les Vêpres de Rachmaninov.
Hervé LESVENAN
Après des études au Conservatoire National Supérieur de Musique de
Paris, à la Cité de la Musique, bénéficiant ainsi des enseignements de
nombreux compositeurs, il se tourne naturellement vers la composition.
En particulier, il crée le 11 Décembre 1999 « L’Hymne des bâtisseurs »,
commande d’Etat, pour chœur, soliste et orchestre à l’occasion de
l’inauguration de la Cathédrale de Quimper et à Noël 2000 un « Cantate Domino », commande du Chœur Penn ar Bed.
Henri GUEGUEN
Lecteur à haute voix et dans ce domaine concepteur de spectacles,
entraîneur de groupes, adaptateur de textes, il est le co-créateur de
la Compagnie de théâtre « TextO ». Il a été sollicité par le Chœur Penn ar Bed pour être le réalisateur des textes de liaison de ce spectacle.
Marie-Astrid ARNAL-DOMINGO
Actuellement professeur de piano à l’ENMD de Lorient, titulaire du
Diplôme d’Etat de piano, du Diplôme d’Etat d’accompagnement, du
Certificat d’Aptitude de piano, diplôme européen de médecine des arts.
Après des études musicales à Perpignan et Paris au CNSM et à l’école normale supérieure de Paris, Marie-Astrid ARNAL-DOMINGO s’installe en Bretagne comme soliste, chambriste et accompagnement de chorales.
Elle assure des concerts avec le Chœur Penn ar Bed, enregistre un double album avec le Groupe Vocal Jeff Le Penven et 2 disques avec la chorale San Karantek.
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