La
fin du 19ème siècle en Russie, amène un indiscutable renouveau de la
musique orthodoxe, en grande partie sous l’impulsion de l’Institut
Synodal de Moscou. Rachmaninov en profitera pour confier aux voix deux grandes partitions, la Liturgie de Saint Jean Chrysostome puis, en 1914, les Vêpres,
un ensemble de 15 chœurs pour voix mixtes a capella et deux solistes,
une mezzo-soprano et un ténor. La création aura lieu à Moscou en mars
1915 par la chorale du Saint Synode dirigée par Nicolaï Daniline.
Ce cycle monumental, que le compositeur appelait « ma messe », connut
immédiatement un grand succès et fut redonné plusieurs fois, devant des
salles combles et enthousiastes, au cours du même mois. Véritable
orchestration pour chœur utilisant toutes les ressources de la
technique vocale, les Vêpres utilisent neuf mélodies ecclésiastiques, traditionnelles à l’église russe et six mélodies originales.
Rachmaninov
signe là son œuvre religieuse la plus importante destinée au concert
malgré son caractère liturgique en opérant une synthèse parfaite des
sources traditionnelles et de son style romantique si personnel,
l’austérité n’excluant jamais la richesse des timbres et des couleurs.
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